La magnifique callade, qui habille maintenant le chemin des Prisons, nous conduit de façon agréable à l’un des sites les plus emblématiques de notre cité, celui de la résidence d’origine de l’une des familles les plus puissantes du Languedoc, les Bernard et Bermond d’Anduze.

Vestiges du château primitif des seigneurs d’Anduze

Un lieu chargé d’histoire où seuls quelques pans de murs adossés aux rochers de Saint Julien témoignent encore peut-être du château primitif, condamné au démantèlement par Saint Louis en 1254.

Pourquoi avoir ordonné sa destruction une douzaine d’années après la soumission au roi de Pierre-Bermond VII, seigneur d’Anduze ? Sans doute pour clore définitivement les ambitions de celui-ci concernant la récupération du château ancestral qui lui fut confisqué en 1243, après l’emprise totale et définitive du pouvoir royal sur le comte de Toulouse mais aussi de tout le Languedoc. Le démantèlement, qui ne commença qu’en 1256, dû prendre quelques années pour récupérer « proprement » les belles pierres taillées et les poutres, matériaux de grande valeur à l’époque. Il est probable aussi qu’à part les constructions purement défensives, certains bâtiments et dépendances restèrent debout, formant ainsi une nouvelle configuration du château que les différentes familles seigneuriales se succédant à Anduze possédèrent comme résidence locale.

Nous ne savons pas à partir de quand ce « château vieux » fut transformé en prison, mais les archives départementales nous apprennent qu’au XVI ème siècle il sert déjà de geôle gardée par un geôlier à demeure. D’autres documents des XVII, XVIII et début XIX ème confirme son existence avec différents travaux d’entretien et d’agrandissement. Un projet de travaux à « la prison municipale de l’arrondissement de la justice de paix d’Anduze », établi en 1812, ne fut jamais réalisé. Finalement sa démolition eut lieu en 1879, nous laissant quand même encore ces quelques bâtiments en ruine, entrés depuis dans le domaine privé.

Un site archéologique de première importance

Un site et des constructions intéressantes que la municipalité d’Anduze se doit de récupérer. Pour dans un premier temps les livrer aux archéologues et autres chercheurs professionnels susceptibles d’apporter quelques pages supplémentaires et fondamentales à notre histoire locale, et dans un second temps élaborer un aménagement public sécurisé et ludique des lieux pour en faire une véritable étape avant la ballade ascensionnelle éventuelle de Saint Julien.